Alors que la primaire américaine bat son plein, les candidats français se préparent dans le cadre de la présidentielle de 2017. Altics a voulu savoir comment les candidats mettent en avant les demandes de dons sur internet. Aux USA, les candidats financent une partie importante de leurs campagnes électorales alors qu’en France cela reste plus anecdotique. Bien sûr, il y a sûrement des approches culturelles différentes mais est-ce l’unique raison ?

Pour donner un ordre d’idée, voici la part des dons reçu par les «petits donateurs » (moins de $200) à mi-mars 2016 :

  • Hilary Clinton a récolté 17% de 188,2millions de dollars (soit 32 millions $)
  • Ted Cruz : 42% de 101,4 millions $ (soit 42,5 millions $)
  • Bernie Sanders : 70% de 96,4 millions $ (soit 67,5 millions $)
  • Donald Trump : 22% de 27,4 millions $ (soit 6 millions $)

En France les dons des particuliers sont loin d’atteindre de telles sommes.

Une des causes de cet écart est la mise en avant des demandes de dons sur internet. Nous avons constaté que l’approche ergonomique des américains est beaucoup plus efficace que les demandes de dons faites par les candidats français. Ces derniers pourraient sûrement booster le nombre de dons et les montants reçus en optimisant cette partie de leur site. A l’image des sites e-commerce qui augmentent leurs chiffres d’affaires en améliorant la conversion de leurs sites. L’étude compare les candidats à la primaire américaine et les candidats à la primaire Les Républicains. (voir la méthodologie ci-dessous)

Présidentielle USA - Page de dons de D.Trump

Page de dons de D.Trump

Présidentielle USA - Page de dons de JF Poisson

Page de dons de JF Poisson

La mise en avant  : Avantage USA

USA :
Sur la première page, un bouton visible avec des couleurs contrastées pour attirer l’œil des visiteurs et présent à chaque étape du site. Un renvoi immédiat vers le formulaire pour ne pas perdre les utilisateurs et aller droit au but. Ce n’est pas toujours aussi simple en France.

Voir aussi :  FULL conversion by Altics !

France :
Le bon élève français : Geoffroy Didier
Le mauvais élève français : Alain Juppé (Un bouton qui manque de contraste en haut à droite et ne favorise pas l’incitation )

La simplicité : Avantage USA

USA :
Les américains demandent uniquement les informations nécessaires dans des questionnaires qui ont une taille réduite. C’est beaucoup plus efficace que des cases imposantes qui pourraient laisser croire qu’il va falloir mettre beaucoup d’informations.
France :
Le bon élève : NKM (Une seule étape très simple)
Le mauvais élève : Nadine Morano (des éléments non indispensable, tel que la profession, les comptes des réseaux sociaux, …)

La transparence : Avantage France

USA :
Le message doit être clair. Pourquoi donner ? A quoi le don va-t-il servir ? Une photo ou un texte court directement relié au choix de la somme permet de réassurer les visiteurs et favoriser l’action.

France :
Le bon élève : Alain Juppé (Par exemple, 30 Euros = 200 tracts, 50 Euros = 200 tracts et 50 affiches, etc)
Le mauvais élève : Ils sont nombreux à ne donner aucune raison (Bruno Lemaire, Hervé Mariton, …)

L’étude remarque également que de nombreux candidats (Frédéric Poisson, François Fillon, Hervé Mariton, …) ne mettent pas de photo dans la partie «dons». Or mettre un visuel du candidat ou d’un meeting renforce la personnalisation de la cause.

Les montants : Match Nul

USA :
Des montants sont proposés, il suffit d’appuyer sur la somme souhaitée. Et un montant « autre » permet de choisir une somme différente en la saisissant dans cette case.
Les montants sont classés du plus petit montant au plus grand. Et terminent par la case «autre ». On peut s’attendre à ce que la case «autre » corresponde à des montants plus importants que le dernier.
Astuce : Pré-cocher une somme par défaut. Cela peut influencer la valeur que choisira l’utilisateur.
Les montants proposés ont une grande importance. Les sites qui n’indiquent que des petites sommes ne recevront que de petites sommes.
Il faut s’adapter à sa cible de donateur. On constate que les montants d’Hillary Clinton vont de $3 à $250. Alors que ceux de Ted Cruz vont de $25 à $5400.

Voir aussi :  Psychologie du consommateur et le paiement par internet

France :
Le bon élève : Alain Juppé (5 montants différents, dans l’ordre croissant avec 30€ pré-coché)
Le mauvais élève : François Fillon (ordre décroissant et autre en dernier) et Hervé Mariton (2 montants : 50 et 100€)

En France, il est possible de déduire le don de ses impôts. La mise en avant de ce que coûte réellement le don est primordial. Tous les candidats l’indiquent. Le montant réel après impôt ne se calcule pas lorsque que l’on saisit un montant «autre» (Jean-François Copé et Hervé Mariton).

Paiement régulier : Avantage USA

USA :
Des candidats offrent la possibilité de faire un don mensuel ou hebdomadaire de manière automatique. Une fois le montant choisi, il suffit de cocher une case. Rien de plus simple.

France :
Le bon élève : NKM
Le mauvais élève : Ils sont 9 sur 11 à ne pas proposer des dons récurrents

Mode de paiement : Avantage France

USA :
Les USA proposent le paiement par CB. C’est facile mais limité.

France :
La majorité des candidats propose la possibilité de faire un don par chèque également.

Idéalement les internautes aiment avoir le choix du mode de paiement.

De manière générale les sites des candidats américains favorisent davantage l’incitation au don et nous observons une grande disparité sur les sites des candidats français.

Chez les candidats américains, par ailleurs, l’utilisation des réseaux sociaux est beaucoup plus marquée et permet d’insister sur l’importance des dons. Les différences d’approche et d’utilisation entre les candidats français et américains nécessiteraient une étude complète  (la conclusion risquerait de mettre également en avant le retard français malgré une évolution notable).

Méthodologie

Analyse réalisée sur les 4 candidats américains : Hilary Clinton, Ted Cruz, Bernie Sanders, Donald Trump, et sur les 9 candidats français déclarés au 08/04/2016 pour la primaire Les Républicains ayant un site qui accepte les dons en ligne : Alain Juppé, François Fillon, Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé, Hervé Mariton, Nadine Morano, Geoffroy Didier, Jean-Frédéric Poisson (Primaire Les Républicains). Frédéric Lefebvre et M. Myard (Primaire Les Républicains) ont été exclus du fait de l'impossibilité d'effectuer, à date, un don en ligne sur leur site, tout comme les candidats des autres partis, tels que : Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) Philippe Poutou (Nouveau Parti anticapitaliste) Jean-Luc Mélenchon (candidat hors parti) Marie-Noëlle Lienemann (PS) Jacques Cheminade (parti Solidarité et progrès) Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) Marine Le Pen (Front national)

Voir aussi :  La user journey : étape clé de l’optimisation UX